La publicité vend du rêve

Outre le fait d’inciter le consommateur à acheter, une des principales missions de la publicité est de « vendre du rêve ». Pour cela, elle transporte le consommateur dans un univers où il s’identifie rapidement et positivement. Au travers de nos « petites réflexions sans prétention » nous nous efforçons de mettre en exergue les différents thèmes et les mécanismes que les publicitaires utilisent pour arriver à leur fin.

 

 

Pour vendre du rêve aux consommateurs il est tout simplement possible d’utiliser directement les rêves ou les rêveries dans les communications. Ainsi, la publicité met en scène des personnages endormis ou dans un état de pensées éveillées. Ces personnages laissent leur esprit s’exprimer librement en rêvant de situations imaginaires accompagnées des produits ou services promus. Cependant, les publicitaires utilisent différentes formes de rêves et rêveries dans leurs créations.

 

1 - Les rêves créatifs

Ils permettent à l’esprit de se laisser transporter dans des mondes merveilleux et irréels propre à chacun. Les produits ou services sont alors source d’un sentiment de liberté et de bien être.

 

 

2 - Les rêves prémonitoires

Ils sont annonceurs d’événements futurs. Dans ces publicités, les personnages pensent à des projets agréables grâce aux nouveaux produits qu’ils utilisent et qu’ils achèteront sûrement dans un avenir proche.

 

 

3 - Les rêves érotiques

Ces rêves ont un contenu sexuel composé de propositions sexuelles, de fantasmes divers ou simplement de gestes tendres. Les publicitaires se servent souvent de ce thème avec humour.

 

 

4 - Les cauchemars

Ce sont des « rêves à forte charge anxieuse ». Les marques les emploient en présentant les produits ou services comme l’élément qui viendra aider et soutenir le consommateur.

 

 

Pourquoi les publicitaires ont-ils ainsi choisi de s’immiscer dans nos rêves ? Quels intérêts ont-ils à utiliser des éléments de notre vie onirique ? Leur permettraient-ils de mobiliser efficacement et rapidement notre psychisme ? Nos rêves deviendraient-ils de véritables stratégies marketing ?

 

L’avis du psy

En psychologie et notamment en psychanalyse, l’utilisation du récit des rêves est fréquente avec un but principalement thérapeutique. Les publicitaires leur donneraient-ils d’autres objectifs et fonctions ? Les publicitaires mettent en scène nos rêves qu’ils soient nocturnes ou diurnes.

Le rêve nocturne se définit par son mode de survenue au cours de certaines périodes caractéristiques du sommeil (lors des phases de sommeil paradoxal) et par ses contenus particuliers. Il est souvent constitué de scènes imagées avec un télescopage de souvenirs oubliés ou non, de personnages connus ou inconnus, d’événements réalistes ou totalement invraisemblables et dont la pensée abstraite ou conceptuelle est quasiment absente.

 

 

Freud s’est également intéressé aux rêves diurnes. Il donne ce nom à un scénario imaginé à l’état de veille, soulignant ainsi la similitude de cette rêverie avec le rêve. Pour lui, les rêves diurnes partagent avec les rêves nocturnes plusieurs caractéristiques essentielles : ils constituent des accomplissements de désir, ils reposent pour la majorité sur des impressions laissées par des événements infantiles, ils bénéficient par leurs créations d’une certaine indulgence de la part de la censure. Leurs mécanismes de formation sont aussi identiques.

Le rêve est un phénomène psychique à part entière. Par le biais de leurs scénarios composés de rêves et/ou de rêveries associés à des produits, les annonceurs dévoilent nos possibles désirs inconscients, favorisent la création d’un sentiment de manque et nous proposent ensuite de le combler. Ils nous incitent à espérer que les produits nous donneront l’opportunité d’accéder à la réalisation de nos désirs inconscients. En présentant des épisodes de rêverie que nous connaissons tous, ils nous permettent de nous identifier rapidement et de nous approprier des ressentis.

 

https://youtu.be/_Zvqf3sF0b4?t=2

 

Les publicitaires voudraient-ils nous démontrer que leurs produits transformeraient nos rêves en réalité ? Arriveront-ils à satisfaire nos désirs et ainsi à déclencher nos comportements d’achats ? Partirez-vous pour un voyage au pays des songes construits par les publicitaires avant de sombrer dans le sommeil ? La technique infaillible serait-elle là ?


La musique rythme la publicité

L’association musique/publicité existe depuis les prémices de la communication. Tout a commencé avec les vendeurs qui criaient pour promouvoir leurs produits sur les marchés et autres foires. Cela s’est ensuite développé avec l’arrivée des médias tels que la radio, la télévision ou encore le cinéma. Aujourd’hui, la musique est présente dans la quasi-totalité des publicités audiovisuelles.

 

 

Même si la musique dans la publicité est parfois considérée comme secondaire, elle participe généralement à la réussite d’un spot publicitaire. L’objectif principal est que le produit endosse les attributs de la musique et éventuellement de l’artiste pour devenir plus attirant pour le consommateur. La musique permet de renforcer le message diffusé et d’accentuer les émotions véhiculées pour devenir une véritable « image sonore » du produit ou du service promu. Une association musique/publicité réussie apportera une grande valeur ajoutée à la marque et lui permettra de se démarquer de la concurrence.

Cependant, malgré les multiples avantages de cette association, la difficulté reste tout de même d’imposer une musique en 30 secondes. Une mauvaise association musique/publicité  engendrera un spot totalement raté. Le choix de la musique va donc dépendre de multiples données dont notamment celle du positionnement et de la cible souhaitée.

 

 

Pour choisir une musique, les publicitaires utilisent différentes stratégies :

 

1/ Utiliser une musique connue de tous

Cette stratégie consiste à mettre en fond sonore une musique d’artiste connu et reconnu de la cible visée. Un budget assez important est néanmoins nécessaire pour en acquérir les droits, mais cela permet une identification immédiate du produit vendu. Lorsque le consommateur regarde la publicité, il reconnaît un son et comprend ainsi que le produit lui est destiné. Ainsi une musique des années 70/80 affectera les 30/50 ans et une musique de ces dernières années touchera davantage les 15-25 ans.

 

 

La publicité peut également reprendre une musique d’un film connu comme par exemple Royal Canin, qui est la musique du film « Le Professionnel » ou encore Volkswagen et la musique de Danny Elfman dans « Alice aux pays des merveilles ».

La principale contrainte reste que le scénario doit s’adapter à la musique pour que l’association prenne tout son sens.

 

2/ Reprendre une musique connue et adapter les paroles

Souvent utilisée par des marques de grandes consommations, cette technique consiste à reprendre des chansons populaires avec des mélodies que tout le monde a déjà entendues au moins une fois. Le détournement des paroles permet alors une mémorisation plus efficace. Cela en devient même parfois négatif pour la musique originale qui se voit toujours associée à la marque et aux nouvelles paroles.

 

 

 

3/ Créer une musiques originale ou utiliser une chanson peu connue

La stratégie d’une création originale permet d’adapter totalement la musique à l’histoire racontée. Ainsi, l’association entre la musique et la publicité prend tout son sens. Le seul point négatif est qu’il faut parfois plus de temps pour que le téléspectateur mémorise la musique et l’associe à la publicité.

Ce dernier point se retrouve aussi dans l’utilisation d’une musique connue seulement de quelques initiés. Cependant, la publicité pourra se démarquer en mettant en avant une musique peu connue et ainsi valoriser un produit original, innovant, rare ou même luxueux.

 

 

 

Par ailleurs, si l’artiste de la musique en question rencontre le succès, il se peut qu’il soit tout le temps identifié à la marque. Il suffit de demander à KT Tunstall qui restera pour nombre d’entre nous ALICE !

 

 

4/ Le Jingel

Le jingle ou ritournelle publicitaire est une musique de quelques secondes qui se retrouve généralement en fin du spot publicitaire. Le jingle est la plupart du temps associé au slogan de la marque. Le jingle peut soit être une création originale soit un détournement du musique connue.

 

 

 

Comment les publicitaires parviennent-ils à optimiser leurs stratégies de communication avec l’aide de la musique ? Quelle incidence la musique a-t-elle sur notre psychisme ? Quels processus psychologiques sont activés ?

 

L’avis du psy

Depuis ces dernières années, de nombreuses recherches dans divers domaines ont démontré l’efficacité de la musique au sein des messages publicitaires. Toutefois, de nombreuses questions se posent encore, notamment par rapport à la nature de son influence sur nos futurs comportements d’achats. Des réponses sont-elles possibles ? Nos singularités les rendent très certainement compliquées et l’aboutissement à un consensus reste difficile. Cette complexité mobilise donc notre intérêt et nous conduit à l’élaboration de plusieurs hypothèses.

Différents courants de la psychologie sont en mesure d’apporter des éléments de réponse. La musique a une influence au niveau cognitif, affectif et conatif. Les recherches de Stewart et Furse (1986) ont mis en évidence que les individus mémorisent plus facilement une publicité lorsqu'elle est accompagnée d’une musique de fond. La musique mobiliserait notre attention, développerait nos émotions et aurait ainsi un rôle au niveau de notre mémorisation. Elle favoriserait également la création d’images mentales ou l’apparition de représentations. Aurez-vous alors envie de vous procurer le produit lorsque l’occasion se présentera ? D’autres processus seront-ils aussi opérants ?

 

 

Les théories du conditionnement évaluatif et de l’effet d’amorçage cognitif nous éclaireraient-elles ?

La technique du conditionnement évaluatif consiste à mettre en lien un élément à forte valeur sentimentale et positive pour un individu avec un deuxième élément possédant une charge affective neutre. Cette liaison contribue à créer de l’attraction vis-à-vis du stimulus neutre. Ainsi, une musique créant des ressentis positifs les transmettra à un produit.

 

 

Le principe de la situation d’amorçage est de présenter un stimulus amorce (comme la musique) pour influencer la vitesse de traitement d'un autre stimulus cible (le produit ou service). L’effet d'amorçage permet de reconnaître la cible plus rapidement. Cet effet s’observe même lorsque l’amorce n’est pas traitée consciemment par le sujet ou que son attention n’est pas orientée sur elle. Différents types d'amorçage se distinguent en fonction du type de stimulus, de la modalité sensorielle, de la tâche visée et de la relation entre la cible et l'amorce. Une des interprétations du phénomène d’amorçage est de considérer que la mémoire possède des structures préexistantes représentant des stimulis familiers. Lors de la présence de l’amorce, ces structures sont activées et il sera alors ensuite plus facile de les utiliser ou de les percevoir dans une activité ultérieure. La musique serait-elle une parfaite amorce ? Nous donnerait-elle l’opportunité d’identifier rapidement le produit ?

 

 

L’important n’est-il donc pas que la musique éveille nos affects positifs, nos désirs et mette nos sens en émoi ? Les publicitaires arriveront-ils à satisfaire les goûts de chacun ?

Pour poursuivre cette petite réflexion sans prétention, nous observons que différents styles de musique sont utilisés pour façonner l’identité des marques et créer une adéquation entre le produit et la cible. Ainsi une musique classique n’a pas la même représentation qu’une musique électronique ou qu’une musique rock. Nous reviendrons sur ce sujet prochainement en vous proposant des réflexions sur l’utilisation d’un genre de musique en particulier.

 

Sources et compléments d’informations : ici, ici et ici


Le monde du travail mis en scène dans la publicité

Début septembre est souvent synonyme de fin de vacances et de reprise du travail. Pendant la période estivale de nombreux travailleurs ont laissé leur poste vacant pour se reposer et changer d’air. Toutefois, avec une moyenne de 35h par semaine, cette activité rémunérée permettant la production de biens et de services, continue d’occuper le quotidien de la majorité des personnes.

Par conséquent, de multiples produits et services sont proposés pour prendre du bon temps avant, pendant et après le travail. Pour communiquer, les marques mettent en scène les produits et services dans diverses situations propres au monde du travail. Cependant, le travail dans la publicité est bien souvent représenté de la même et unique manière…

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